Une des particularités d'une maison en bois massif est le tassement des madriers. Une fois les madriers assemblés, les murs de la maison vont se tasser lentement, sous leur propre poids, en plusieurs mois. Ce qui veut dire que le mur va perdre un peu de sa hauteur. C’est un phénomène normal qui est pris en compte dans la construction. Par exemple, pour nous : laisser un espace suffisant de réservation en haut des murs du rdc.

Mais aussi prévoir des systèmes de coulisses pour toutes les pièces de bois fixées sur le mur de madriers (ossature de l’isolation notamment qu'on voit sur cette photo).
Il n’en reste pas moins que ce qui se passe alors est, sinon inquiétant, assez particulier... L'idée que les tonnes de tuiles et même de bois, avec l'étage, et le toit, qu'on a au dessus de la tête vont, comme ça, bouger et descendre de plusieurs cm... Disons surtout qu'il tardait que ça finisse !
Sachant en plus que, puisque les murs se tassent, l’ensemble du toit doit accompagner ce mouvement... Et donc pour se faire, les chevrons doivent pouvoir rester mobiles à l’endroit où ils reposent sur le mur, pour pouvoir coulisser au fur et a mesure que le mur va se tasser. Enfin, pour une maison comme la nôtre avec des madriers de 7cm, tout ceci est assez minime, comparé à ce qui se passe pour des murs en massif d’une épaisseur plus grande.

On voit sur cette photo les chevrons installés à leur place, reposant sur le mur de madriers, et au premier plan les deux pièces de métal qui les tiendront en place tout en leur permettant de coulisser au fur et à mesure du tassement.

La seule photo où on voit (avec de bons yeux) la chose en place. Il y a deux pièces comme cela de chaque côté des chevrons.
Ainsi, entre décembre 2007 (pose des tuiles) et aujourd'hui, soit presque 2 ans après, les madriers les plus hauts sont descendus d'environ 10 cm – donc à mi-hauteur, environ 5cm, et plus bas encore seulement quelques millimètres. Curieusement le tassement a fait une pause tout l'an dernier (octobre 2007 à juin 2008), et a repris encore un peu cet été - 1 bon cm de plus. On espère être arrivé au bout… surtout parce qu'on a atteint maintenant à deux ou trois endroits dans la maison, les limites des réservations prévues. Autre curiosité : tout ceci s’est fait dans le plus grand silence. La maison ne craque pas, (ou quasiment pas), comme on pourrait l’imaginer. C’est sans doute lié au fait que les mouvements sont quand même minimes.
Mais quelques petits désagréments existent…

Il faut par exemple replacer toutes les plinthes de plafonds qui masquent les réservations pour le tassement. Après celui-ci, les clous qui fixaient ces plinthes sont tordus et certaines peuvent alors se détacher. C’est seulement un travail qui concerne celles des plafonds du RDC. Pour l’étage en effet, elles ne subissent que très peu d’effet de tassement puisqu’elles descendent en même temps que le mur et le toit… On voit en haut du pilier qui supporte une des deux poutres principales de l'étage, la grosse vis à desserrer au fur et à mesure du tassement - si on ne veut pas que le plancher de l’étage ne se déforme outre mesure…
Il faut aussi refixer les descentes de toiture. Elles ne se tassent pas bien sûr, et donc subissent une déformation plus ou moins nette. Les nôtres, en alu, sont plutôt souples... Ce sont surtout les fixations au mur qui sont nettement tordues. Elles auraient du être prévues avec un système de glissiere. Mais outre qu’on n'y a pas pensé avant, comment expliquer cela à l’artisan local ?

Le plus embêtant (façon de parler, car on s'y habitue bien...) reste le fait que les murs ne se tassent pas de manière homogène. Les murs sud ce sont plus tassés que les murs nord.

On voit la poutre principale dans le séjour coté nord et coté sud. Le tassement est différent de un bon cm. Ca semble peu de choses, mais sur le lambris du plafond ça fait son petit effet puisque certaines lames s'écartent voire se fendent, et comme elles ont été peinte avant la fin du tassement, il va falloir repasser une couche.

Plus préoccupant, quand on s’en rend compte : le faîtage du petit toit.
On le voit ci-dessous, il est pris, côté maison, dans un mur qui s’est beaucoup plus tassé que celui qui est en façade. Résultat : il n’est plus horizontal. Pour l'instant ! Car on peut se dire que le tassement va se poursuivre pour le mur qui s'est moins tassé. On verra...

C’est plus net sur cette photo. Entre les deux extrémités droite et gauche du faitage, il doit bien y avoir 5cm de différence de hauteur. (Mesure prise par l'interieur de la maison, puisque la panne faitière est apparente : il y a 8cm de différence...)
Voici les tringles qui servent à contrôler le tassement. C'est-à-dire à nous renseigner sur son évolution. Il y en a à plusieurs endroits, dans les angles de la maison et dans les murs. Elles traversent toute la hauteur du mur et ont été visées des deux côtés.
Au fur et à mesure du tassement du mur, elles ressortent sous leur propre poids d’autant et donnent ainsi une idée précise de la longueur de tassement. Ici, 1 bon cm pendant l’été 2008. Il suffit alors de revisser l'écrou jusqu'au madrier pour que se visualise un éventuel tassement supplémentaire du mur.